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 Antipathy || Ooda Nôei






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   Jeu 1 Juin - 14:51


Le 21 juin 2017 : 18h30
Dans l'église


Il avait trouvé l’endroit un peu par hasard, en flânant dans sa découverte de l’île. Vraisemblablement, il n’avait rien eu de mieux à faire jusqu’ici. Izumi ne s’était pas encore décidé à prendre activement part au jeu. Peut-être désirait-il, simplement, jouer à sa façon. Selon ses règles. Il voulait simplement s’amuser sans avoir nécessairement à se plier à ce qu’on attendait de lui. Mais rien ni personne ne pouvait le faire, n’est-ce pas ? Il aimait à penser, le plus sérieusement du monde, que même s’il était un pion, il avait sa volonté propre. Et sa volonté était certainement plus grande encore que le chemin qui le menait jusqu’à la réussite. Ce n’était pas comme s’il portait un quelconque intérêt à la victoire, à bien y réfléchir. Son rôle se composait à la manière d’un joker : il pouvait aider quelqu’un, damner un autre. Peut-être pouvait-il sauver mais, certainement, amenait-il à la perte. Il bougeait librement. Peut-être même stupidement. Mais, plus qu’à n’importe quel instant de son ancienne –son autre- vie, il se sentait vivre. Délicieusement.
La lourde porte de bois avait émis un craquement alors qu’il la poussait pour s’introduire dans la bâtisse. Depuis son plus jeune âge, il avait toujours était attiré par ce genre de lieux. Bien plus que les temples et sanctuaires qui jonchaient presque tous les coins de rue de sa ville natale, les églises se faisaient rares. Et, lorsqu’il y en avait, celles-ci étaient d’une laideur absolue. Les seules qui avaient su marquer positivement son souvenir étaient celles de Nagasaki, autrefois construites par des jésuites Portugais puis reconstruites à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Mais, arrivé en NCE, il avait été surpris de voir que ce type de bâtiment se faisait déjà plus fréquent. Cela n’avait fait que lui confirmer ce qu’il savait pourtant déjà : les mœurs et traditions changeaient énormément d’un pays à un autre. Et en particulier ces deux pays.
Il s’était permis un sourire aigre en pensant à tout cela : il savait parfaitement ce qu’en disaient les mauvaises langues. Comme beaucoup de chose, cela ne l’atteignait pourtant pas. Dans la mesure où tout était un jeu, peu de choses l’atteignaient, à vrai dire. La réalité elle-même n’avait d’impact : le monde entier. Certainement aurait-il pu mourir demain que cela n’aurait rien changé pour lui. Ce qui le poussait, parfois, à se demander s’il existait réellement. Plus qu’un jeu, peut-être que la vie n’était qu’un rêve. Et, peut-être que demain, dans une semaine, un mois, une année, il allait finir par se réveiller.
Refermant la porte derrière lui, il se mit à fredonner un air dont il ne connaissait plus le nom. Quelle idée poétique venait-il d’avoir ! C’était bien beau d’être amené à considérer la vie d’une telle façon...mais indéniablement ennuyant. A quoi bon mener une vie faite de passivité ? Lui préférait l’action. Et, dans cette conception, le fait même de mourir était une action : jusqu’au bout, il poussait sa singularité. C’était, après tout, ce qui le rendait unique. Son regard se promena autour de lui, détaillant l’intérieur du bâtiment. Tout semblait encore plus ou moins en bon état, comme laissé tel quel. A croire que cette île avait été abandonnée de la plus étrange des façons, livrant les vestiges de l’urbanisation à eux-mêmes. Néanmoins, de tout ce qu’il avait pu voir, cette église paraissait être bien conservée. Il regarda les vitraux qui filtraient la lumière dans diverses couleurs, donnant un aspect quasi-surréel à cet endroit. Peut-être certains étudiants s’y rendaient-ils encore pour prier ? Ce n’était pas impossible.
Avec nonchalance, il vint s’asseoir sur l’autel, continuant à fredonner. Les odeurs d’humidité et d’encens qu’il pouvait sentir formaient un mélange étrange, empreint de mystique. Il se sentait comme pris de nostalgie. En farfouillant dans son sac, il en tira Rero qu’il passa autour de ses épaules pour venir lui gratter le haut de la tête, comme lorsqu’il était encore vivant. Le python albinos ne devait même pas dépasser un mètre, mais son poids, de par sa technique de conservation, était encore conséquent. S’il n’était pas si froid au toucher, on aurait pu penser qu’il était encore vivant. Izumi le regarda presque avec tendresse. Heureusement qu’il l’avait pris avec lui. Il rejeta finalement la tête en arrière, profitant de la sérénité des lieux. Il adorait véritablement cette ambiance.
Cependant, il entendit la porte émettre un grincement éloquent. Il retourna doucement la tête, jetant un coup d’œil derrière lui. En plein milieu du chœur, il n’était séparé par cette personne que par la grande allée qui s’étendait devant eux. De là où il était, il ne parvenait qu’à distinguer une silhouette sombre qui se découpait de l’encadrement de la porte dans un carré de lumière diffuse. Il pencha un peu plus la tête alors qu’il plissait les yeux, manquant presque de tomber. « Bonjour ? » lança-t-il après un court instant de silence, presque comme une interrogation.
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   Dim 4 Juin - 23:36

Antipathy
Le 21 Juin, aux environs de 18 heures 30...

Il crevait de faim. Il n'y avait pas d'autres mots pour dire à quel point il était affamé alors que cela ne faisait que... six jours, six putain de jours qu'il était coincé sur cette île méconnue de tous. La nourriture était ce qui lui manquait le plus et c'était de plus en plus dur de continuer sans se nourrir. La veille, il avait manqué un écureuil à cause d'un autre joueur, un écervelé qui avait voulu le choper lui aussi. Au final, aucun des deux n'y étaient parvenus. Ironie du sort, n'est-ce pas ? Alors le ventre de Nôei continuait de se manifester et il avait beau lui donner des coups pour le faire taire, cela ne fonctionnait pas le moins du monde. Sans doute était-ce parce qu'il n'était pas dupe et qu'il savait très bien qu'il possédait encore un morceau de cette miche de pain qu'on lui avait donné à l'arrivée dans ce jeu. Sauf que Nôei ne voulait pas tout gaspiller, pas déjà, pas maintenant. Il n'avait pas encore eu l'occasion de tuer quelqu'un... Mais, eh, bordel, c'est une foutue bonne idée. Il allait tuer quelqu'un et lui dérober la nourriture qu'il aurait dans son sac. Et son arme, aussi, accessoirement, car ce n'était pas avec une sarbacane et cinq fléchettes qu'il irait bien loin.
Il se reprit, descendit de l'arbre dans lequel il avait réussi à se hisser pour éviter de se faire surprendre sur terre. Et puis, de là-haut, il avait une meilleure vue de l'endroit dans lequel il se trouvait. Époussetant vaguement ses vêtements déjà sales, Nôei enjamba un tronc d'arbre, guettant le moindre mouvement, à l'affût du moindre bruit qui parviendrait à ses oreilles. Il marcha dans la forêt un moment, ne tombant sur rien de bien convainquant tandis que son ventre continuait de crier famine. Il se demanda un instant s'il ne faisait pas trop de bruit et s'il ne finirait pas par se faire remarquer à cause de cet imbécile bien trop nourri jusqu'à présent. Avant d'atterrir par ici, le jeune homme avait toujours aimé manger. Il ne prenait généralement pas un gramme alors c'était un sacré avantage pour lui qui adorait la malbouffe. Un fast-food, une pizza, des pâtes réchauffées, et des soirées bien arrosées. Il en bavait presque alors qu'il traversait cette épaisse forêt aux branches qui lui fouettaient le visage et aux ronces qui lui griffaient les mollets.
Enfin, quelque chose se dessina devant lui. Il s'arrêta, fronçant les sourcils car le soleil se couchait juste derrière le bâtiment. Il sortit sa carte pour se repérer et s'aperçut que cette zone ne risquait pas d'être interdite dans l'immédiat. Il décida donc de s'avancer pour pénétrer dans l'église qui se dressait devant lui. Nôei n'était pas du genre plongé dans la religion, à aller prier pour le bon Dieu ni même pour Bouddha, il songeait simplement à remplir son estomac en cet instant et peut-être que quelqu'un avait posé son campement à l'intérieur, à l'approche de la nuit. Ce n'était qu'une supposition, mais il fallait bien en faire et la curiosité du jeune homme l'entraînait souvent bien plus loin qu'il ne le fallait. Insensible face aux décombres ou même à certains vitraux encore en place, il finit par pousser l'immense porte en bois qui s'ouvrit en traçant une allée de lumière tout droit devant lui. Un bonjour retentit dans l'habitat, ce qui ne manqua pas de soulager Nôei. Oui, de le soulager. Car il savait qu'il se mettrait bientôt quelque chose sous la dent.
Il ne prit pas la peine de clore la porte à sa suite et s'avança sans peur vers son interlocuteur, perché sur il ne savait quel pupitre chrétien.

« Bonsoir, répondit-il à son tour, je crois que tu as quelque chose qui m'appartient. »

Ce n'était pas la peine d'en ajouter davantage ou de tourner autour du pot des heures durant. Si Nôei était là, c'était pour tuer ce garçon qui paraissait plus jeune que lui à mesure qu'il s'en approchait. Enfin, il laissa tomber son sac entre deux bancs en bois pour s'élancer sur son adversaire et tenter de le renverser de son perchoir. La faim trahissait par-dessus tout ses émotions et il ne comptait pas faire de quartier. De toute façon, il ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam alors il n'aurait pas de mal à lui faire la peau. Il essaya de l'attraper par le bras, mais il sembla lui glisser des mains, comme si, finalement, son interlocuteur n'était que l'effet de son imagination. Il en fronça de nouveau les sourcils en croisant les bras sur sa poitrine, perturbé. Qu'est-ce qu'un farfadet ferait sur cette île ?

« Aaah, soupira-t-il, j'ai tellement faim. Es-tu réel ? J'ai vraiment besoin de savoir si je ne suis pas en pleine paranoïa. »

Il se moqua quelques brèves secondes de lui-même en abandonnant un rire nerveux. Ce n'était pas le bon moment pour perdre la tête. S'il était dans un tel état, il ne pourrait pas survivre bien longtemps et cela le désolait affreusement.
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   Mer 7 Juin - 23:43


Le silence qui était retombé suite à son salut dura quelques secondes, soudainement rompu par le bruit des pas de l’inconnu sur les dalles de marbre. Toujours tourné à moitié vers lui, Izumi le regardait avec intérêt, se demandant bien pourquoi il ne répondait pas. Peut-être ne l’avait-il pas entendu ? Peut-être...s’en fichait-il royalement ? Il gonfla sensiblement les joues à la manière d’un enfant, faussement vexé. Pour une fois qu’il se tentait de faire une démonstration de politesse... Finalement, l’homme –car il s’agissait vraisemblablement d’un homme, à en juger par sa voix- se décida à parler alors qu’il continuait de s’avancer vers lui. Surpris par ses propos –crédule- le jeune homme haussa les sourcils. Quelque chose qui lui appartenait, lui ? Il avait beau y réfléchir...non, il devoir avoir erreur. Ce n’était certainement pas les quelques baies qu’il avait cueillies plus tôt dans la journée qui lui appartenaient, n’est-ce pas ? A cette réflexion, un de ses sourcils se arqua davantage. Y avait-il une loi qui stipulait que l’on pouvait s’approprier les végétaux de l’île ? Et surtout...surtout, si c’était bien le cas, comment comptait-il les lui reprendre ? C’était...particulièrement étrange, non ? Comme un idiot, Izumi se retrouvait perplexe quant à ce débat interne qu’il était en train de livrer...avant d’esquiver de justesse le bras de l’inconnu : il avait beau être stupide, son corps était bien plus rapide que son train de pensées. L’étudiant avait le défaut d’être distrait pour un rien, ce qui était encore une fois avéré. Ses problèmes d’attention finiraient bien par avoir raison de lui, ici. Un peu perdu, il mit un certain temps à comprendre ce qu’il venait de se passer. Réajustant Rero autour de son cou, il s’ébouriffa vivement les cheveux, remettant un semblant d’ordre dans sa tête. Et alors quoi ? Ce type pensait donc réellement qu’il lui avait pris quelque chose ? Izumi voulut protester, mais il fut coupé dans son élan par l’autre étudiant. A ses mots, ses sourcils se froncèrent davantage. Il avait faim ? Assez au point d’halluciner ? C’était problématique. Mais ce n’était clairement pas son problème. Izumi avait la chance de se contenter de peu, du moins pour l’instant. Plus jeune, il s’était pris d’intérêt pour quelques techniques mystiques donc certaines incluaient des pratiques de jeûne particulièrement austères...ce qui avait eu un effet radical sur son métabolisme. Enfin. Cela ne faisait même pas une semaine qu’il était arrivé sur cette île, il était peut-être simplement trop tôt pour déjà en souffrir. Cependant...peut-être que cet homme était ici depuis plus longtemps que lui ?
Izumi recula un instant pour le regarder plus en détails. Il ne semblait visiblement pas en meilleure de sa forme, et à l’écoute du rire nerveux qui s’échappa de ses lèvres, cela paraissait évident. Plus petit mais certainement plus âgé que lui, il n’en avait pas moins une physionomie intéressante. A sa grande surprise, le jeune homme ne faisait que des rencontres surprenantes, et ce pour son plus grand plaisir. Tant qu’à faire, cela ne valait-il pas le coup de s’amuser un peu avec ce nouvel arrivant ? L’idée était bien tentante. Il se recula davantage vers le fond de l’église, là où le rais de lumière s’arrêtait, scrutant d’un œil malicieux son vis-à-vis. « Jusqu’à preuve du contraire, je suis encore réel. » lança-t-il de là où il se trouvait, s’amusant à se donner un air mystérieux. Il s’arrêta cependant un court instant, réfléchissant brièvement. « Enfin je crois » Il croyait, oui. Car après tout rien ne lui permettait de l’affirmer. Il aurait pu se trouver dans une autre galaxie où il ne savait trop où que cela n’aurait même pas eu le don de l’étonner. Pas plus que sa participation à ce jeu morbide qui, du premier abord, lui semblait charmant. Izumi avait une conception des choses pour le moins atypique : au moins ne souffrait-il jamais réellement de sa condition.
Il s’arrêta un instant, caressant la tête de son adorable bébé qu’il avait enroulé autour de son cou à la manière d’une écharpe. Si Rero était encore de ce monde, certainement aurait-il apprécié ce jeu tout autant que lui.  Son regard, un peu plus froid, se reposa sur le nouvel arrivant. « Et...et même si tu as faim, tu n’as pas intérêt à toucher à mon bébé, sinon je mords. » commenta-t-il d’une façon qui se voulait menaçante. Oui, il était tout bonnement impensable que quelqu’un porte atteinte à cette petit merveille... Il finit par prendre appuis sur une statue à l’effigie de la vierge qui commençait à s’effriter. Elle ressemblait étrangement à celles qui étaient figées dans l’encre de ses bras, arborant les traits d’une souffrance qu’il était incapable de ressentir. Finalement, il le regarda encore, se mit à sourire. Ses canines allongées brillèrent un court instant dans l’obscurité. « Ou je tranche, à toi de voir ~ » rajouta-t-il sur son air enfantin, malsain au possible. Pour l’instant il préférait se tenir un peu à distance, incertain quant aux réactions de son interlocuteur. Il espérait cependant qu’elles soient à la hauteur de ses attentes.
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   Ven 16 Juin - 22:57

Antipathy
Le 21 Juin, aux environs de 18 heures 30...

Était-il en train de divaguer ? Après tout, à peine le lendemain du jour où il avait débarqué, il avait aperçu un fantôme de son passé. Elian... Cela faisait désormais presque une semaine qu’ils s’étaient croisés sur cette foutue île et que Nôei lui avait donné rendez-vous au même endroit à la même heure. Chaque jour, il espérait que cette zone ne serait pas interdite car si elle le devenait, il ignorait de quelle manière il pourrait de nouveau communiquer avec son ancien camarade. Alors donc, peut-être qu’il était en train de péter les plombs, à cause de la fin, cette fois-ci. C’était sans doute pour cela qu’il n’avait pas fait attention plus que cela avant de pénétrer dans cette église et de voir ce garçon juché tout là-haut. Ce fut en soupirant qu’il l’avait accusé de lui avoir volé quelque chose qui lui appartenait sauf que, dans le fond, ce n’était rien hormis un peu de nourriture. Et ce garçon était comestible, après tout, n’est-ce pas ? Nôei eut un froncement de sourcil à cette pensée ; il pétait les plombs, certes, mais peut-être pas de là à devenir un cannibale.
Quoiqu’il en soit, il avait essayé de l’attaquer, pour le renverser et le faire sortir de son perchoir. Rien que de le voir plus haut que lui l’agaçait sans qu’il ne puisse précisément en donner les raisons. Peut-être bien parce qu’il s’agissait d’un farfadet ? Non, son interlocuteur venait de lui dire qu’il était bel et bien réel, alors il ne pouvait pas être l’un de ces petits êtres farceurs. Nôei passa une main dans sa chevelure, repoussant de nouveau quelques mèches, avant de se laisser tomber sur l’un des bancs de l’église, abandonnant encore un soupir. Il écouta son interlocuteur lui présenter ce qu’il trimballait sur ses épaules et le brun en fut un instant déconcerté. Qu’est-ce que c’était que cette chose ? Il n’en avait encore jamais vu de cette couleur. Un serpent, n’est-ce pas ? Mais il avait quelque chose de particulièrement... mort. Il se mit donc à rire une fois supplémentaire, mais pour se moquer du garçon en face de lui.

« Tu crois vraiment que je vais manger ton serpent mort ? Je crève de faim, mais je n’en suis pas encore à manger des cadavres. »

En disant cela, il s’était redressé pour venir se planter face à son vis-à-vis qui était un peu plus grand que lui mais qui ne le déconcertait pas plus que cela. Nôei n’était pas du genre à se laisser faire. Il avait toujours été fort dans l’esprit et dans le corps. Balloté de familles d’accueil en familles d’accueil depuis son plus jeune âge, il avait appris à se construire tout seul à travers ces épreuves et à ne s’en relever que plus fort encore. S’il devait donner sa plus grande peur, ce ne serait même pas de mourir dans cet endroit, mais de se perdre lui-même dans les méandres de ses sombres pensées.
Il détailla quelques secondes le jeune homme qui devait à peu près avoir son âge, qui devait sans doute être japonais lui aussi à en juger par sa carrure et la forme de ses yeux. Néanmoins, il présageait que les choses tourneraient entre eux et que, peut-être, l’un d’eux ne terminerait pas cette journée sur l’île.

« Tu tranches ? finit donc par le provoquer Nôei, j’aimerais beaucoup voir cela. »

Lui n’avait obtenu qu’une sarbacane avec cinq fléchettes empoisonnées et il en avait déjà utilisé deux pour tuer une même cible. Bien sûr, il savait user de ses poings, il était plutôt doué car il pratiquait la boxe depuis plusieurs années, mais face à une arme à feu ou une arme de lancée, il serait peut-être dans une posture délicate dont il ne pourrait s’extirper au prix de longs et pénibles efforts. Même s’il avait faim, il conservait une certaine lucidité et si le fanfaron en face de lui possédait une bonne arme intéressante, il souhaitait l’acquérir sur-le-champ.
Nôei lui tourna autour tel un rapace, visant le serpent qui pendait à son cou. Sa victime lui avait tout de suite donné son point faible et, aussi vite qu’il le put, il attrapa par la tête l’animal mort et partit à l’autre bout de la pièce.

« Allez quoi, montre-moi de quoi tu es capable un peu... Ou je fais brûler ta bestiole. »

Parce qu’il fumait, qu’il avait un paquet de cigarettes dans ses poches... et un briquet à la flamme orangée.
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   Jeu 22 Juin - 23:22


Le rire qui s’éleva dans la nef le surpris. Oh. L’autre jeune homme riait encore. Mais cette fois-ci...c’était différent. Il se moquait plus que clairement de lui, là, non ? Il fronça les sourcils. Pourquoi se moquait-il, d’ailleurs ? Venait-il de dire quelque chose de ridicule ? Il réfléchit un court instant, arriva à la conclusion que non, rien ne lui semblait étrange dans ses propos. Sa réponse le fit grincer des dents. Rero, un « cadavre » ? N’importe quoi ! Rero était bien plus que cela. Il avait été son meilleur ami et le restait encore. Il avait beau ne plus être totalement de ce monde, il était impensable pour Izumi –bel et bien impensable- de le considérer comme un vulgaire cadavre ! D’autant plus qu’il avait fait de tout son possible pour trouver le meilleur moyen de le conserver correctement, et cela n’avait pas été une chose facile. La pratique de la plastination était encore peu développée, contrairement à la taxidermie, ce qui rendait le nombre d’expert particulièrement restreint. Et allez trouver, vous, quelqu’un qui acceptait de plastiner un serpent ! Il avait dû se battre pour obtenir satisfaction. Alors, il était tout simplement hors de question de le traiter comme une grotesque charogne. « Rero n’est pas un cadavre » coupa-t-il sèchement alors qu’il le toisait du regard. Ouh. Cela ne faisait que quelques minutes qu’il était en présence de son interlocuteur, mais il l’avait clairement dans le collimateur. C’était pourtant rare, qu’il vienne à détester quelqu’un dès le premier instant. Mais c’était plus fort que lui ; l’inconnu venait de dire l’une des seules choses qu’il fallait taire. Le Japonais s’énervait difficilement, à moins que l’on venait toucher sa corde sensible : ce qu’était exactement en train de faire son interlocuteur. Cette sensation d’irritation ne fit que reprendre de plus belle lorsqu’il reprit la parole. En effet, c’était clair, maintenant : il ne le supportait pas. C’en devenait instinctif.
Il se sentit frissonner de fureur de la tête au pied lorsque l’étudiant lui déroba son précieux animal pour courir à l’autre bout de l’église, par là où il était rentré. Il menaçait...de le brûler ? De brûler Rero, sérieusement ? Un tic nerveux agita subitement le coin de sa lèvre perforée de parts et d’autres. Il en fallait beaucoup pour le mettre en colère. Enormément, même. Mais là, clairement, c’en était trop. En l’espace d’une minute, d’une seule minute, l’autre joueur venait de signer son arrêt de mort. S’il était venu à le frapper, certainement qu’Izumi en aurait rit. Il aimait voir s’énerver les gens contre lui, d’autant plus qu’il était en grande partie insensible à la douleur. Mais là. Là, il ne rigolait plus du tout. « Tu es sérieux ? » siffla-t-il comme un serpent, rictus aux lèvres. Il laissa échapper un pauvre rire. Ah ~ qui était le dernier type à lui avoir autant tapé sur les nerfs, déjà ? Il laissa lourdement retomber son sac sur le sol, avant de l’ouvrir pour sortir son arme. C’était bien ce que l’autre voulait, pas vrai ? Se saisissant de la garde de son sabre, il laissa pendre la lame à l’extrémité de son bras. Il le regarda. « Eh bien eh bien ~ ...je suppose que tu es suicidaire, c’est ça ? » lança-t-il légèrement à son attention, sa voix se teintant d’une note sinistrement enfantine. Il souriait de toutes ses dents, crocs à découvert. Ses yeux, en revanche, l’assassinaient. Ce mec était fou de le provoquer de la sorte. Quoique. Peut-être était-ce lui qui l’était, à perdre son sang froid pour un misérable serpent. Mais il ne le réalisait pas. Comme d’habitude. Le Japonais avait une logique, une conception du monde –des choses- qui ne pouvait être partagée ou comprise par aucun autre. Et dans cette dite logique, la vie –la non vie ?- de Rero comptait visiblement bien plus que la sienne.
Sans plus de cérémonie, il s’avança jusqu’à lui, la lame de son sabre reposant négligemment sur son épaule. L’envie de le découper de suite était particulièrement tentante, mais il voulait s’assurer de ne pas trop se précipiter, pour une fois. Izumi s’arrêta à un mètre de lui, tendit le bras, paume ouverte vers le ciel. Convulsivement, il resserra le poing, ses doigts tatoués apparaissant. Il lui laissait une chance de ne pas se faire trucider sur le moment. « Rend le moi » ordonna-t-il. « Rend le moi tout de suite. Je te promets que si tu touches à une seule de ses écailles, je te transformerais en un joli cadavre » Vu la distance, il suffisait du moindre geste de la part de l’autre pour qu’il vienne à le trancher. Il lui suffisait de détendre son bras pour que la lame vienne joliment se planter dans sa carotide. S’il tentait quoi que ce soit contre Rero, c’était la mort assurée. Et il ne rigolait pas, pour une fois.
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   Sam 24 Juin - 23:33

Antipathy
Le 21 Juin, aux environs de 18 heures 30...

Il le voyait. Il le voyait et il le sentait au plus profond de ses tripes qu’il venait de l’énerver plus que de raison. En lui volant son animal de compagnie mort depuis longtemps, Nôei avait frappé dans le mil pour agacer son interlocuteur. Mais, après tout, ce dernier ne faisait que fanfaronner, déclarant qu’il allait sortir son arme, sans même le faire réellement. Pour le Japonais, cela aussi était pénible, en plus de la faim qui le tiraillait, il se retrouvait face à quelqu’un qui ne semblait pas plus motivé que cela pour dévoiler qui il était. Nôei en avait plus qu’assez de ce jeu, faire des rencontres, tomber sur des fous à lier encore plus dingues que lui sans pour autant avoir la possibilité de les faire renoncer à toute attaque à son encontre. Alors il souhaitait une nouvelle arme, une arme plus performante que celle qu’il possédait. D’accord, il faisait peut-être de la boxe, mais ses poings étaient parfois inutiles quand il voyait une arme de jet ou à feu en face de lui.
Glissant sa main dans sa poche, il sortit le briquet pour jouer avec le dessus du Zipo, l’ouvrant et le fermant en le faisant bien claquer. Et bien sûr, il jouait avec tout proche de ce maudit serpent à l’allure encore plus bizarre que son propriétaire. D’ailleurs, celui-ci prononça son prénom ; ah ! parce qu’en plus ce cadavre possédait un nom... On aurait clairement tout vu. À quel moment quelqu’un se trimballe avec des animaux morts sur soi ? Nôei ne comprenait pas le principe, mais bon sang oui qu’il était sérieux. Il était on ne peut plus sérieux et ne se gênerait pas pour faire griller cette anguille d’ici quelques minutes si le jeune homme en face de lui ne se décidait pas à...

« Regardez-moi un peu ça », siffla, admiratif, Nôei en apercevant l’arme que dévoilait finalement son interlocuteur. Un sabre. Un putain de sabre qui faisait briller les yeux du vert jaloux.

À cet instant, il sut qu’il lui fallait. Il désirait cette arme qui lui permettrait d’avancer plus facilement dans le jeu. Il lui serait d’une grande aide et il pourrait se balader plus longtemps sans avoir à craindre une quelconque attaque. Ce sabre était le Saint-Graal et ce garçon ne paraissait pas l’avoir compris. De ce fait, Nôei méritait bien plus d’obtenir ce don, n’est-ce pas ? Mais tandis qu’il s’imaginait déjà dans la forêt en train de découper à droite et à gauche, ce splendide sabre dans ses mains, le décoloré s’avança vers lui, déposant cette lame qui le faisait tant rêver sur son épaule.
Ce contact le dérangea, le fit revenir sur terre en songeant que là, il venait de se mettre dans un bazar pas possible. Il soupira, dépassé par sa propre bêtise, toujours aussi affamé. Pouvait-il mettre cela sur le compte de son estomac, encore une fois ? Un léger sourire se traça sur ses lèvres alors qu’il rangeait le briquet dans sa poche.

« On va quand même pas se fâcher pour ça, n’est-ce pas ? Tu tiens à ce serpent ? Je te le rends en échange de ton sabre. J’imagine que c’est équitable », haussa-t-il les épaules, presque inconscient de ses propos.

Nôei était sur le fil du rasoir et ce n’était pas qu’une figure de style. Mais il avait toujours été ainsi, à agir avant de réfléchir, la plupart du temps. Il était d’un naturel capricieux, désireux d’obtenir ce qu’il voyait et qui lui plaisait. Impossible pour lui de se retirer et de penser quelques secondes à quelle tactique était la mieux pour se tirer d’une situation délicate. Non, Nôei fonçait et attendait de voir la suite des événements.

« Alors, qu’est-ce t’en dis ? » ajouta-t-il en secouant le serpent devant son propriétaire.

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   Mer 28 Juin - 23:27


Ses yeux sombres fixaient les allers retours du briquet tout près de son adorable compagnon. Au moindre geste déplacé, il se voyait déjà le réduire en charpie. Izumi aimait qu’on joue selon ses règles, et certainement pas selon d’autres. Il suffisait d’une seconde pour faire disparaître son éternel sourire, une seule seconde pour faire changer son naturel si désinvolte. C’était précisément dans ce genre de moment qu’il se sentait capable du pire ; qu’il se sentait mû par la facette la plus tordue qu’il pouvait avoir. Il avait beau s’énerver pour un « simple » animal –ce qu’il en restait- il s’agissait pour lui d’un sujet crucial. Rero était tout ce qu’il avait, tout ce qu’il lui restait. Bien plus qu’à n’importe quel autre humain, il était attaché à lui. C’était ridicule pour les autres. Incroyablement sérieux pour lui.
Il n’aimait pas cette personne. Ses manières, sa voix, l’expression de ses yeux...tout lui déplaisait. Absolument tout ; comme quoi, il avait suffi de bien peu de choses. La façon dont il regarda son arme ne lui échappa pas ; c’était plus ou moins le même regard qu’avaient eu ceux à qui il l’avait montré. Il ne comprenait que bien vaguement cet engouement. Il reconnaissait sa chance d’avoir reçu un objet aussi rare, mais il n’éprouvait aucun intérêt à l’utiliser immédiatement contre quelqu’un. Ce soir était une exception. L’autre jeune homme l’avait provoqué pour qu’il la sorte, ce qui le motivait, éventuellement, à en faire usage. Il le toisa sans même chercher à cacher son aversion. Izumi n’était pas assez intelligent pour se sortir aisément de ce genre de situation. Sa seule envie était de trancher en lamelles cet exécrable personnage. Il savait pourtant que cela n’était pas forcément une bonne idée. Finalement, il ne s’amusait pas du tout. Pourquoi diable était-il tombé sur une personne aussi irritante ?
Il eut un rire amer. Se fâcher ? Non, à vrai dire il était bien au delà d’être fâché, il était furieux. Et le marché qu’il venait de lui proposer ne le faisait que moyennement rire. Rero contre le sabre, c’était le deal ? Ce type ne manquait clairement pas de toupet. Mais c’était le jeu, non ? Izumi aurait très bien pu refuser, après tout. « C’est donc le sabre qui t’intéresse... » grinça-t-il, le dardant de ses yeux sombres. Evidemment. Les armes intéressaient toujours ceux qui en avaient le plus besoin. Pour un type qui utilisait des méthodes aussi fourbes, cela ne l’étonnait même pas. Izumi resta un instant silencieux, évaluant la situation. Que devait-il faire ? Après quelques secondes de réflexion, il fit un pas vers lui, sabre toujours en main. « Ce que j’en dis ? » Il se mit à sourire de toutes ses dents, carnassiers. Il en disait qu’il allait le réduire en charpie. Ici et maintenant. C’était clairement ce qui lui faisait envie. Mais son pauvre bébé se trouvait toujours entre ses griffes... Quelle injustice. Si seulement il avait fait plus attention avant de le sortir... Enfin. Ce qui était fait était fait. « ...le marché tient » lança-t-il, tendant le bras vers lui, lame tournée vers le sol. Néanmoins, au dernier moment, il la redressa vivement jusqu’au visage de son interlocuteur, lui entaillant faiblement la joue. Une moue cruelle tordit ses lèvres. « Tu en as certainement plus besoin que moi, après tout » Izumi ne chercha même pas à cacher le ton ironique de sa voix. En effet, cette personne devait être bien faible pour chercher à dérober l’arme de quelqu’un d’autre avec ce genre de méthodes –enfin, si le Japonais n’avait pas éprouvé une affection aussi décalée pour son animal plastiné, cela n’aurait pas marché le moins du monde. Il jeta finalement le sabre à ses pieds, méprisant, avant de lui arracher son serpent des mains.
Il repassa le reptile autour de son cou alors qu’il reculait de quelques pas, contemplant l’autre étudiant. Il s’en moquait, oui, à bien réfléchir. S’il avait besoin de se défendre ou tuer, il y avait d’autres méthodes. Celle-ci n’en représentait qu’une bien facile. D’autant plus qu’Izumi ne jouait ni pour gagner ni pour survivre. Son regard affuté se posa encore dans le sien, alors qu’il souriait d’une façon moqueuse. « Enfin. Je doute que cela ne t’aide vraiment à rester en vie, vu l’état dans lequel tu es ~ ... » provoqua-t-il une nouvelle fois. Oh oui, il espérait bien que cette personne vienne à mourir dans les prochains jours.
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   Sam 8 Juil - 21:21

Antipathy
Le 21 Juin, aux environs de 18 heures 30...

Est-ce que le marché proposé fonctionnerait ? Nôei était loin d’en être convaincu mais il avait tenté le tout pour le tout. De toute façon, il n’avait rien à perdre, sinon peut-être ce foutu jeu débile. Néanmoins, malgré son ventre qui hurlait famine depuis plusieurs jours, il n’en avait pas encore perdu la tête entièrement. Il n’était pas idiot, tentait de l’être le moins possible en tout cas, et de voir midi à sa porte, comme on dit. Alors, il avait provoqué son interlocuteur afin que celui-ci dévoile son arme. Bon, il avait tout d’abord hérité d’un vieux serpent mort, mais la suite avait été bien plus prometteuse. Un large sourire s’était tracé sur son visage en apercevant le sabre sortit de son fourreau et il sut à cet instant qu’il serait pour lui. Il n’avait qu’une sarbacane et ses fléchettes étaient bien trop rares pour qu’il puisse les utiliser quand il le désirait. Avec ce sabre, il serait bien plus libre de ses mouvements.
Cependant, même s’il prétendait ne pas avoir peur de son camarade d’infortune, ce n’était qu’à moitié vrai. Il était affaibli et pris au piège face à une arme bien trop dangereuse dans les mains de cet étudiant qui ne comprenait clairement pas sa chance de la posséder. Sauf qu’en sachant qu’il promenait son serpent mort avec lui, il pouvait deviner à quel point ce garçon devait être touché sur le plan de sa santé mentale. C’était trop glauque pour que Nôei cherche à comprendre davantage aussi préféra-t-il se concentrer sur cette lame plantée devant son nez. Il pouvait lire toute la haine que posséder l’autre dans ses yeux et il crut un instant qu’il ne lui donnerait pas son arme. Après tout, il pouvait le trancher, récupérer son serpent et quitter l’endroit avec une certaine aisance.
Un nouveau sourire se plaqua sur les lèvres du brun tandis que son vis-à-vis accepta de lui échanger son arme. Nôei tendit donc tout naturellement le bras pour récupérer le bien, mais il fut bien surpris du changement de comportement qui s’opéra chez son camarade. Il déglutit avec difficulté, voyant déjà la lame enfoncée dans sa gorge, mais il finit par entendre le bruit qu’elle fit en chutant contre le sol. Le sang coulant de sa légère blessure à la joue le fit revenir à lui. L’autre lui retira son serpent avec une certaine force des mains, ne ratant pas de se moquer de lui.

« Si tu savais combien j’ai envie de te faire souffrir », siffla Nôei entre ses dents tandis qu’il ramassait le sabre.

Il détestait que l’on se moque de lui. La vie l’avait déjà fait de trop longues années avant qu’il ne puisse se rebeller et tenter de s’imposer dans ce monde bien trop vaste et étriqué. Aujourd’hui, cet étudiant le remettait en face de ses souffrances passées et ce n’était pas réellement une bonne chose pour aucun des deux. Nôei ne risquait pas de se montrer sous son meilleur jour si l’autre en face de lui ne cessait pas de fanfaronner et de se moquer de lui. Maintenant qu’il possédait son sabre, il n’avait plus aucune raison d’être effrayé par ce garçon et ce fut exactement pour cette raison qu’il serra l’arme dans sa main pour la pointer au niveau de l’estomac de son généreux donateur. Il avançait dans sa direction tandis que l’autre reculait de quelques pas.

« Ce n’est pas parce que j’ai rien bouffé depuis un moment que je ne suis pas capable de me défendre, lui lança-t-il. Et puis, à ce que je vois, tu es le plus idiot de nous deux. »

Il entendait bien sûr par cela qu’il lui avait gratuitement, ou presque, offert son arme sur un plateau d’argent. Mais cela convenait à Nôei.

« Si j’avais voulu, ton foutu serpent mort, je l’aurais tué une deuxième fois. Maintenant barre-toi et fous-moi la paix », termina-t-il en tranchant le haut de son tee-shirt, pile à l’endroit où se situait son serpent, au niveau de son épaule.

Codage par Libella sur Graphiorum
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   Jeu 13 Juil - 0:25


Il ne l’aimait pas ; doux euphémisme pour dire qu’il le détestait déjà. Cette personne lui était tout bonnement antipathique. C’était chimique. Instinctif. Il ne pouvait pas l’aimer, tout simplement. Après tout, il était parvenu à le mettre en colère. Chose qui n’arrivait que très rarement. Pour ne pas dire jamais. D’ordinaire, il se contentait de sourire, répliquer d’un ton ironique. Mais là, clairement, ce n’était pas aussi tendre. La remarque de l’autre étudiant, sifflée entre ses dents, le fit cependant ricaner méchamment. Le faire souffrir ? Oh. Il pouvait toujours essayer, si le cœur lui en disait. Pas certain qu’il trouve cependant satisfaction. Il planta ses yeux noirs dans les siens, le regardant d’un œil mauvais. C’était plutôt Izumi qui demandait à le voir souffrir le martyr ; et d’eux deux, il partait avec un avantage indéniable. L’idée de lui arracher les ongles et de lui casser les deux une à une était particulièrement intéressante ; le jeune homme aurait probablement eu des réactions plus qu’intéressantes. « Rien ne t’empêche d’essayer...si tu en as le courage » répondit-il sur un ton méprisant au possible. L’autre joueur faisait ressortir en lui tout ce qu’il y avait de plus désagréable. Il le sentait. Le Japonais lui décrocha un rictus mauvais, dévoilant ses excroissances dentaires.
L’autre ramassa son sabre qu’il venait de jeter au sol. Izumi le regarda distraitement, reportant bien vite son attention sur son adorable petit compagnon plastiné. Après l’avoir inspecté sous tous les angles, il constata avec plaisir qu’il n’avait pas la moindre égratignure. Tant mieux. Il n’aurait pas supporté de voir son bébé abîmé d’une quelconque façon. Auquel cas il aurait littéralement trucidé l’autre joueur. Ce dernier retournait déjà la lame contre lui, la pointant vers son ventre. Izumi arqua un sourcil, peu touché par les propos qu’il lui tenait. C’était facile, de dire cela. Evidemment qu’il était stupide : il n’avait jamais été intelligent, après tout. Il s’en moquait profondément. Et si son interlocuteur faisait référence à ce qu’il venait de lui donner, il s’en moquait éperdument. Pour lui qui ne mesurait pas l’importance de la vie, de la douleur, une arme était quelque chose qui n’avait aucune valeur à ses yeux. D’autant plus qu’il continuait de penser avec fermeté qu’il n’en avait pas besoin. Tuer et se défendre ne lui venaient pas à l’esprit. Il s’en moquait. Mais si l’autre joueur pouvait se sentir plus en confiance avec un tel objet dans les mains...peut-être que cela en disait long sur ses capacités à se débrouiller seul sur l’île. Comme il venait de le dire, il se retrouvait déjà affamé.
Il eut un mouvement de recul lorsqu’il vint pointer sa lame non loin de Rero. Heureusement, il ne fit qu’entailler son haut. Izumi eut un rictus carnassier, faisant briller ses canines blanches dans la pénombre de l’église. Alors comme cela, monsieur se sentait d’humeur à jouer les grands seigneurs ? Crétin, pensa-t-il tout en le fixant de son regard noir. Oui, il n’y avait pas à dire, ce type était un véritable crétin. Et pire encore. Un frémissement agita sa main. Non. Il n’allait pas s’énerver pour ce genre de futilité. Ce n’était pas le moment et il n’était pas d’humeur. « Si tu le dis ~ .. » se borna-t-il à répondre, le regardant avec un air dubitatif. Le moindre geste suspect vis-à-vis de sa merveille et il serait passé à la casserole. Izumi n’avait pas besoin d’une arme pour l’amocher à loisir. Ses poings et son ultra insensibilité suffisait à venir à bout des autres, surtout lorsqu’ils étaient dans un état de faiblesse aussi avancé. Il se détourna de lui, allant récupérer son sac. « Puisque c’est demandé si gentiment » ironisa-t-il, passant une des lanières sur son épaule, alors que de l’autre il laissait pendre son serpent. Il n’avait pas envie de rester avec lui une seconde de plus, de toute façon. En se dirigeant vers la sortie, il prit soin de se tourner vers l’autre jeune homme, expression féline au visage. « Je m’appelle Izumi ; souviens toi de mon nom. Car la prochaine fois que je te vois –si tu es encore vivant- je suis sûr que tu n’en sortiras pas indemne ~ » annonça-t-il sur un ton assez légère pour camoufler toute sa rancœur, avant de quitter la bâtisse..
Oh oui, la prochaine fois que sa route viendrait à croiser la sienne, sans hésiter, il n’en ferait qu’une bouchée.
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Antipathy || Ooda Nôei

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