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 A Prayer in the Moon feat. Fan Li Ren







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   Mer 31 Mai - 12:00

Le 18 juin 2017 || 23h04
Le temple bouddhiste
L'intérieur du temple

Hua Feng était resté un long moment devant le temple bouddhiste, songeur, silencieux. C’était si étonnant de voir ce bâtiment se dresser devant lui, la lune presque pleine brillant au-dessus de son toit, les nombreuses étoiles présentes dans le ciel grâce à l’absence de pollution lumineuse donnant au décor une touche féérique qu’on n’aurait pas dû retrouver sur une île servant les dessins de l’organisation tordue du Battle Royale coréen. Pourtant, il était là, dans ce lieu de culte et de prière qui avait peut-être déjà connu le meurtre depuis le début du mois. Y penser lui donnait le bourdon. Il ne savait pas pourquoi plus maintenant qu’un autre jour. La fatigue, peut-être… Il aurait dû retrouver Yuan dès maintenant, d’ailleurs. Passer son chemin. Oublier le temple et tout ce qu’il représentait. Ça irait mieux une fois accompagné, même si c’était par le volontaire, l’homme assez fou, assez tordu pour accepter de représenter les organisateurs de cette sanglante mascarade.

Pourtant, alors même que Hua Feng pense à une marche à suivre fort logique et sensée, voilà que ses pieds lui dictent autre chose, le faisant lentement avancer vers le temple bouddhiste. C’était là la religion de ses parents, la sienne. Il se souvenait des longues journées de printemps pourtant magiques passées au temple, sous les cerisiers en fleur. Il se souvenait des prières, de la fascination qu’il avait pour les moines, des touristes aussi pendant une partie de son enfance, ce qui lui plaisait nettement moins. Puis, après la réunification, il se rappelait aussi de l’état perplexe dans lequel leur absence l’avait plongé. Alors qu’il monte lentement les marches menant à cet espèce de petite galerie qui courait autour du bâtiment sacré, il repense à tous ces souvenirs qu’il avait avec ses parents. De bons souvenirs. Avant qu’ils ne soient ternis une première… puis une deuxième fois.

Le jeune homme entre dans le temple, ses longs doigts parés de bagues masculines glissant contre une statue alors qu’il la dépasse. Un joli dragon, rien de réellement sacré. Du moins, pas autant que celle qui s’étirait dans le fond de la grande pièce dans laquelle il venait de débarquer. C’était encore joli. Pourtant, c’était clairement négligé. Mais pourtant, rien n’en retirait son charme antique, pas même un mur un peu défoncé sur la gauche. Les rayons de la lune passaient par le trou béant. Et ils créaient une auréole majestueuse autour de la tête d’une jeune femme recueillie là… Pour être franc, Hua Feng ne s’attendait pas à trouver quelqu’un ici. Encore moins quelqu’un qui semblait prier. Ce n’était peut-être pas le cas… Mais tout laissait croire que si. Il reste là un long moment. Peut-être cinq bonnes minutes… La jeune femme ne bouge pas, mais il voit ses lèvres remuer très lentement, sa poitrine se soulever sous sa respiration. Ses yeux sont clos, mais il est prêt à parier que tous ses sens sont aux aguets et tout ce qui fait qu’elle ne l’a pas remarqué, c’est qu’il avait été très lent dans chacun de ses mouvements et donc, très silencieux.

Finalement, n’ayant aucune envie de faire peur à la demoiselle et encore moins de l’attaquer, Hua Feng tourne les talons. Il entreprend de ressortir par la même porte qu’il était entré… Mais cette fois, une latte craque sous son pas. Il tourne la tête vers la jeune femme qui, forcément, avait réagi au quart de tour….

« Je partais. », fait remarquer Hua Feng alors même que c’était évident. Mais c’était une façon d’appuyer sur ce fait qui était sûrement étonnant vu le contexte dans lequel ils se trouvaient bien malgré eux. Il hésite… puis finalement, rouvrant les lèvres pour s’exprimer avec ce lourd accent chinois qu’il possèderait toute sa vie, il ajoute dans un coréen pourtant impeccable : « Tu étais belle, à prier dans un rayon de lune… »

Puis, après un instant de silence à contempler la jeune femme, il tourne finalement les talons, l’air triste pour la première fois depuis qu’il était arrivé sur cette île de malheur. Décidément, cette nuit était pleine d’une nostalgie difficile à contenir… Que ce soit la journée de son premier meurtre depuis qu’il avait mis les pieds sur cette plage devait être en grande partie la raison de cette baisse de morale. Ça. Ou le fait qu’il n’avait strictement rien ressenti en fracassant le crâne de son adversaire à coup de pierre…

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   Dim 4 Juin - 20:51

Tu étais là. Assise en tailleur, les mains jointes l'une à l'autre dans un signe de prière, les yeux clos tu récitais quelques phrases que tu espérais être entendu. Des paroles que tu récitais en boucle à demi-voix pour ne pas attirer l'attention d'un visiteur qui oserait venir profaner ce lieu culte, saint où le respect était d'or, même sur une île où tuer était devenu un jeu. Enfin c'est ce que tu aurais aimé, mais malheureusement en te promenant pour vérifier que tu étais bien seule, tu avais pu apercevoir des traces de sang. Des tâches sèches montrant que des meurtres ou même des combats avaient eu lieu dans cet endroit sacré. Quand tu les avais vu, tu n'avais pu t'empêcher d'éprouver de la peur et frissonner. Sur cette île les personnes jouant n'avaient aucunes limites et aucun respect. Ce sang en était la preuve. Pourtant dans un tel lieu, la violence était sensée être bannie. Oui sensée, mais ici c'était Battle Royal.

Bien que tu priais, tu restais en alerte au moindre bruit étranger à ceux que tu entendais depuis ton arrivée : ceux des oiseaux de la nuit et des insectes chantant. Un doux mélange qui apaisait ton esprit perturbé par les quelques événements qui s'étaient passés depuis que tu avais atterri sur l'île de Battle Royal. Tu avais croisé la route de ce jeune homme blessé que tu avais aidé comme une bonne samaritaine alors que tu aurais très bien pu le laisser dans sa merde. Ça n'aurait fait qu'un concurrent de moins... Oui tu aurais pu, mais tu ne l'as pas fait, car sur le moment tu ne te sentais pas capable de continuer ta route et le laisser. Une attitude qui pourrait te perdre si tu continuais ainsi et tu en avais conscience. C'est pour cela que tu te juras que ça sera la dernière fois où tu te montrerais aussi imprudente. Après tout, il aurait très bien pu te tuer même si tu avais sacrifié de l'eau et une chaussette pour lui. Tu avais également rencontré cet homme au visage angélique et pourtant au regard démoniaque. Ce type qui avait bien failli t'étouffer par strangulation, d'ailleurs tu devais très certainement avoir une marque, mais à cause du collier, elle n'était sûrement pas visible. Tu étais bien contente de t'en être sortie, mais tu devais te montrer plus prudente sinon tu y passerais.

Récitant encore une énième fois ta prière, tu te stoppas alors qu'un craquement t'alerta, les yeux alors fermées s'ouvrir et rapidement tu te retournas tout en te levant. Bien qu'il fasse noir, tes yeux arrivèrent à distinguer cette silhouette masculine. En position de défense, tu t'apprêtais à prendre la parole, mais ce dernier prit les devant en annonçant son départ. Fronçant les sourcils, tu le regardas méfiante, mais tes muscles se détendirent lorsque dans sa voix tu remarquas quelque chose de familier. Ce lourd accent derrière les mots qu'il avait prononcés. Elle le connaissait. C'était le même que celui que son père qui malgré les années passées en Corée avait gardé son accent natal. « Chinois ? » se questionna-t-elle dans cette deuxième langue qui était également une partie d'elle-même, même si elle n'y était pas née.

Rapidement tu te rapprochas de lui, même de trop puisque d'une main tu agrippas son avant-bras pour l'arrêter dans son envie de partir, sans te soucier de la possibilité qu'il t'attaque. « Je ne me trompe pas ? Je suis sûre » Tu étais persuadée d'avoir reconnu cet accent si marqué derrière son coréen si parfait et le seul moyen de savoir si tu avais raison, c'était de parler dans cette même langue. « Tu comprends ce que je te dis ? » Peut-être que tu t'étais trompée et que l'envie d'entendre tes parents te jouait des tours. C'est donc doucement, que tu desserras la prise de tes doigts, de ta main sur son avant-bras. Déçue. Même triste. « Excuse-moi. Je crois que mes oreilles me jouent des mauvais tours. » lâchas-tu dans la langue maternelle de ta mère, celle que tu avais pris tout au long de ta vie coréenne.
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   Jeu 8 Juin - 9:17

Chinois ? Oui. Il était bel et bien Chinois. Hua Feng garde toutefois le silence, observant la jeune femme, songeur. Il est sur le point de faire à nouveau demi-tour. En fait, l’homme a même entamé son mouvement lorsque les petits pas se rapprochent, lui faisant froncer les sourcils. On restait loin des autres ici, sauf lorsqu’on voulait attaquer. Du moins, c’était la règle d’or, celle dont tout le monde était conscient. Et parfois, certains l’oubliaient… et couraient après les ennuis. Un peu comme cette belle de nuit, qui était maintenant à un pas de lui seulement et qui retenait son bras de ses longs doigts fins. Nul doute qu’en un mouvement, Hua Feng aurait pu se défaire de ce qui n’était même pas une prise à ses yeux. Mais son regard remonte plutôt à celui joliment bridé de la demoiselle, bien qu’il ait toujours cette lueur de réprimande qui brillait au fond de ses pupilles. Les iris bleues restent néanmoins résolument posées sur la demoiselle qui semble toute à son émotion de le découvrir Chinois… puis réellement déçue qu’il ne le soit finalement pas. Ou du moins, c’est ce qu’elle croit.

Mais que Hua Feng parle peu ne signifiait guère qu’il désapprouvait ce qui avait été dit. Le geste par contre… Ça le laissait encore un peu songeur, mais malgré tout moins crispé que quelques secondes plus tôt puisqu’il est évident que la jeune femme ne va pas l’attaquer, à ce stade…

« Tu es imprudente. », fait remarquer Hua Feng, dans un mandarin impeccable qui devait à présent répondre pour lui à la question de l’étrangère. Il n’ira donc pas lui dire directement qu’il est Chinois pour la simple et bonne raison que notre homme n’est guère un bavard et préfère s’abstenir de mots superflus. Par contre, il n’est pas avare de mise en garde cette nuit, semble-t-il puisqu’il ajoute : « Je suis bien plus grand que toi. Bien plus costaud. Je pourrais te tuer facilement à mains nues. Tu as plus de chances contre moi si tu restes à bonne distance. »

C’était vrai. Pourtant, il ne fait pas de mouvement vers elle, n’essayant donc pas de l’attaquer. Il ne désirait pas ça. Pas ce soir. Jamais, en fait. Il ne tuait que pour se défendre, cette fois-ci… Si seulement il pouvait se contenter de tourner les talons pour ne plus revenir sur cette île, ce serait bien plus facile. Bref… Hua Feng a un instant de silence. Il lui semblait que le calme de la nuit l’invitait à ne pas cracher ses mots avec hâte, mais à les savourer. Sa voix grave et basse collait d’ailleurs bien à l’atmosphère, n’attirant guère l’attention. Mais finalement, il délie à nouveau les lèvres.

« Xiao Hua Feng. », se présente-t-il sobrement, éclairant sûrement la demoiselle sur ses origines plus que jamais à présent. Mais de toute façon, il avait continué en chinois, préférant sa langue maternelle au coréen, qu’il n’avait appris qu’à l’unification du Nouvel Empire Coréen. « Tu priais ? »

Il a un regard pour l’autel bouddhiste, puis pour la statue qui reposait dessus avant de finalement en revenir à la demoiselle.

« Je ne crois pas que ça va te sauver. », fait-il finalement remarquer dans un soupir. Il ne voulait pas être pessimiste, mais… Bref, le jeune homme tourne les talons, mais seulement pour aller jusqu’à un petit banc sur lequel il s’assoit lentement. De là, il pouvait voir la lune, mais simplement à cause de ce petit bout de mur affaissé. Il le contemple, nostalgique. « Qu’est-ce que tu feras si tu sors d’ici ? »

On pensait toujours qu’on croquerait la vie à belles dents, qu’on en profiterait à fond, qu’on ferait le bien ou quelque chose d’approchant. Mais la vérité était bien plus macabre. Parce que personne ne sortait vivant d’ici sans avoir du sang sur les mains…

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   Sam 10 Juin - 0:11

« Si tu avais voulu me tuer, tu l'aurais fait dès le début.  » Oui, tu avais été imprudente et tu en avais parfaitement conscience, mais ton geste avait été impulsif et certes irréfléchis. Néanmoins, s'il avait réellement eu l'intention de te tuer, il n'aurait pas tourné les talons avec l'envie de partir et ne t'aurait pas avertis. Tu le regardas... Effectivement, il était plus grand que toi, d'une voir de deux bonnes têtes de plus que toi. Plus costaud ce n'était pas très difficile puisque tu étais une femme. « Et tu ne m'aurais pas avertis, tu serais passé à l'acte directement. Un tueur ne parle pas, mais agis, non ? » Enfin c'est ce que tu pensais. C'est comme les personnes qui disaient vouloir se suicider et qui ne passaient jamais à l'acte. Ce n'était que des paroles en l'air. Seules les actions étaient importantes à tes yeux pour justifier les intentions d'une personne. Tu fis tout de même un pas en arrière, mettant un peu de distance entre vous, même si tu avais l'impression que ce soir tu ne craignais rien. Il se présenta et au vu de son nom tu pus confirmer ses origines. Tu avais donc raison, il était bien chinois. Doucement, dans ton esprit tu répétas son nom... « Li Ren... Fan Li Ren. » dis-tu à ton tour accompagnant ta présentation d'un joli et simple sourire sur les lèvres.

À sa question, tu ne répondis pas immédiatement sentant qu'il allait compléter cette dernière, chose qu'il fit. Prier ne servait à rien... Il n'avait pas tort, bouddha n'allait pas te sauver la vie en éradiquant toutes les autres couleurs pour que tu puisses rentrer chez toi. « N'ai-je pas le droit de le faire même si cela ne me sauvera très certainement pas ? » Était-ce un péché de prier ? Bien sûr, que tu ne t'attendais pas à quelle marche, mais prier t'apaisait d'une certaine façon.

Tes yeux qui s'étaient baissés, se relevèrent sur les pas du jeune homme se dirigeant vers un banc. Toi tu décidas de rester debout à le regarder et à écouter sa question. Une question qui te laissa dubitative, car tu n'y avais même pas réfléchis jusqu'à ce qu'il demande. Peut-être pour toi la réponse était évidente... Mais l'était-elle réellement. « Je reprendrais peut-être ma vie d'avant... » Était-ce possible ? Allais-tu réellement réussir à vivre comme tu l'avais toujours jusqu'à atterrir ici ? « Mais est-ce réellement possible ? » Oui tu prenais conscience que ta vie allait et avait même changé le jour même où on t'avait embarqué. Retourner à ta vie d'avant était tout bonnement impossible. Cette question qu'il venait te poser te perturbait, car effectivement si tu sortais de cette île ce n'était très certainement pas sans tuer. Seulement serais-tu capable de vivre tout sachant que ta liberté, tu l'as gagné en volant celle d'autres personnes ? La réponse était bien évidemment non.

« Je ne sais pas du tout comment je vivrai. » Finalement, y penser était aussi effrayant que de penser mourir ici. « Et toi qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas être capable de vivre en te disant tous les jours que si tu es libre c'est parce que tu as volé la vie d'autres personnes ? » D'ailleurs avait-il déjà tué ? Tu te le demandais bien... « Tu as déjà tué ? » Bien évidemment, tu avais peur de sa réponse, mais cette information était en quelque sort importante pour savoir si la prochaine fois que tu le croisais, tu devrais le fuir ou non.
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   Mer 14 Juin - 1:03

« Non. », murmure Hua Feng, sa voix grave prenant presque des intonations de réprimande à ce simple petit mot. Si la demoiselle pensait qu’une simple question de secondes allait la sauver, elle avait encore beaucoup à apprendre sur les monstres que réveillait un Battle Royale. Il se demandait s’il avait pitié de la voir encore aussi naïve ou s’il était heureux de constater que la naïveté de cette belle de nuit était encore intacte. Mais le Chinois ne se perd pas en réflexion, ajoutant simplement : « Certains aiment jouer avec leur nourriture, même si c’est mal élevé... Tu vas un jour croiser la psychopathie délivrée de l’emprise de la société si tu crois que tous les meurtriers usent de logique et ne le font que par nécessité. Certains éprouvent un vif plaisir à ce... sport. »

Il espérait pour elle qu’elle l’apprendrait non pas à la dure mais plutôt en étant tapis dans l’ombre et en observant à distance. Et qu’elle userait d’un peu plus de prudent à l’avenir, mais sincèrement, Hua Feng n’était pas là pour éduquer les autres. De toute façon, la jeune femme se présente... Et n’ayant pas oublié la politesse élémentaire malgré le contexte actuel, surtout parce qu’elle lui semblait fort sympathique, Hua Feng s’incline devant elle, sans la quitter des yeux toutefois et sans trop se pencher non plus. Il restait un prudent, à la base et ça ne changerait pas pour un joli regard de biche et un sublime sourire tout en douceur. C’était d’ailleurs un peu dommage, quand on y pensait bien ! Fan Li Ren, donc. Elle avait un joli prénom qui lui rappelait les fleurs. D’ailleurs, « ren »... Ce n’était pas « lotus » en japonais ? Certes, il n’y avait rien de japonais dans ce nom-là, mais le parallèle était amusant si on suivait le cheminement de ses pensées.

Puis, elle lui répond probablement de la meilleure façon qui soit à propos de la prière... et Hua Feng acquiesce. Elle avait le droit, oui. Et puis, malgré tout, ça ne pouvait être néfaste à 100%, pour peu qu’elle garde un peu plus son attention sur ce qui l’entourait. Mais il est vrai qu’il avait fait très peu de bruit aussi, par habitude de ne pas vouloir se faire remarquer...

« Tu as le droit. », assure-t-il finalement tout haut, l’air grave, son regard étonnamment bleu posé sur la jolie fleur de Chine. « Il est important de garder un bon moral et de l’espoir. Peut-être que c’est donc même nécessaire pour toi... »

Quoi qu’il en soit, Hua Feng savait déjà que ça ne fonctionnerait pas pour lui. Déjà assis sur son banc, le jeune homme pose son sac au sol, appuyé contre une de ses jambes. Il se penche, en sortant une petite bouteille d’eau dont il prend une gorgée, puis la range. Puis, parce qu’il semblait être le bon moment pour ça, il sort son paquet de cigarette, en sortant un précieux bâton de nicotine. Bientôt, il n’allait plus pouvoir fumer. À moins qu’il en trouve sur d’autres étudiants. Le manque de nicotine se faisait parfois ressentir... Mais puisqu’il était shooté à l’adrénaline, en temps normal ça allait. Présentement, il était calme, détendu même. Li Ren ne semblait elle non plus pas être une menace. Alors il ressentait le besoin de fumer plus fortement. Son zippo en mains, Hua Feng allume la cigarette, puis range tout dans son sac avant de s’adosser aussi confortablement que possible contre le mur.

« Non. », annonce platement Hua Feng, soufflant un petit nuage de fumée au-dessus de sa tête, lequel se disperse rapidement dans l’air. Non. Impossible de reprendre exactement la même vie qu’avant. Pas après avoir tué... Mais il était peut-être préférable de penser que c’était le cas, sinon comment trouver la motivation de s’en sortir ? Quant à lui... Il a un moment de silence, jaugeant la jeune femme de son regard bleu un instant avant de finalement opiner très lentement. Oui. Il avait déjà tué. Si elle savait... « Pas plus tard que ce matin... »

Son regard se fait un peu plus lointain alors que le Chinois reprend une bouffée de sa cigarette. Ce matin, oui. Juste avant sa rencontre avec ce type de gang de rue, No.

« Je peux vivre avec la culpabilité. », assure finalement Hua Feng, en revenant à Li Ren. Il l’observe un instant, songeur... avant de finalement murmurer presque plus pour lui : « Mais je ne comprends pas pourquoi cette fois, je ne ressens plus rien... Peut-être que je ne pourrai pas vivre avec le vide. »

Le vide. C’était le mot qu’il cherchait, oui.

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   Jeu 15 Juin - 23:14

Ce Hua Feng n'avait pas tort, même avait fort raison. Tous les psychopathe n'agissait pas forcément à l'impulsion, certains étaient capables de réfléchir ou comme un chat jouant avec leur proie. Oui, il fallait que tu te montres plus méfiante encore des personnes que tu allais croiser sur cette île. Tu te mordis la lèvre inférieure comprenant ton erreur. Oui, tu avais eu de la chance sur ce coup-là que cet homme n'avait pas décidé de te tuer, mais la joie de découvrir un autre chinois et pouvoir parler ta deuxième langue avec lui avait quelque chose de presque réconfortant. Tout comme prier, même si comme il le soulignait si bien, cela ne te sauvera pas, car au fond bouddha ne t'aurait pas laissé atterrir ici s'il existait réellement. Tu en avais parfaitement conscience, mais était-ce interdit de le faire ? Comme il ajouta, cela permettait de garder le moral et surtout espoir. Le moral que tout se passera bien et l'espoir de partir un jour de cette maudite île. « Oui l'espoir... » murmuras-tu.

Tes yeux continuèrent à le fixer, assit sur son banc et tu le regardas. Il fumait. Chose que tu n'avais jamais essayé et que tu n'avais guère envie d'essayer, par peur d'en devenir dépendante. Puis pour une sportive, fumer n'était pas réellement recommandé et tu étais encore considéré comme mineur, donc tu n'avais toute façon pas le droit de t'en procurer de toi-même. Comme tu t'y attendais, vivre une vie comme si jamais rien ne s'était passé, était impossible. Comment pouvait-on sortir sans séquelle de cette île sanglante ? Impossible. Votre vie ne sera plus la même. Votre âme et même vos mains seront entachées des vies que vous aurez pris pour obtenir votre liberté. À jamais vous ne serez plus les mêmes qu'avant...

Lorsque tu le questionnas pour savoir s'il avait déjà enlevé une vie, celui-ci indiqua qu'il l'avait fait ce matin. « Ah... » lâchas-u alors que ton sang se glaça. Ce type pourtant si calme et que tu avais arrêté avait déjà tué. Sa réponse n'était qu'une preuve de plus. Une preuve qu'il fallait vraiment se méfier de tout et de tout le monde. Tu te tus. Tu n'avais guère envie de continuer la conversation à ce sujet en demandant par exemple les circonstances. Est-ce que cela avait été réellement intentionnel ou alors un simple accident ? Après tous les accidents pouvaient également avoir lieu. Tu déglutis avec du mal, comme si quelque chose d'invisible de serrait la gorge.

Tu continuas à l'écouter alors qu'il avoua être capable de vivre avec la culpabilité d'avoir prit des vies. Et toi en serais-tu capable ? Tu l'entendis murmurer quelque chose, à peine audible pour toi qui avait maintenu une distance de sécurité. Seul les mots « ressens plus rien » et « vide » furent ceux que tu entendis. Tu penchas la tête sur un côté, interrogative, ne comprenant définitivement pas ce qu'il avait dit. « Je me demande si je serais capable d'être comme toi. » Non pas une meurtrière, car au fond si tu le pouvais, tu aimerais l'éviter, mais tu savais que la réalité allait te rattraper plus vite que tu ne le pensais. « Je me demande également comme je réagirais quand je... » Tuerais pour la première fois... Tu te coupas, ne te sentant pas de force ce soir pour prononcer des mots comme tuer aussi naturellement. Tes commissures pointées vers le bas, presque pensive tout en gardant quand même conscience de ce qui t'entourait. « Je suppose donc que tu joues le jeu ? » S'il avait tué pas plus tard que ce matin c'est qu'effectivement, il devait très certainement jouer le jeu et qu'à l'avenir peut-être tu allais du devoir te méfier de lui si tu recroisais sa route. « Tu connais ta couleur ? » Il était évident que la question de la couleur allait se poser. C'est grâce à elle que globalement tu pouvais situer qui était tes potentiels alliés et qui malheureusement étaient tes ennemis. Toi, tu connaissais ta couleur. Enfin tu gardais tout de même un doute sur celle-ci, car la personne qui te l'avait donné était de loin à tes yeux une personne digne de confiance. Après tout, il avait tenté de t'étrangler.
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   Sam 17 Juin - 6:49

Hua Feng jauge la jeune étrangère de son regard bleu, pétillant que dans sa couleur puisque comme à l’habitude, son attitude restait calme, posée et son regard plutôt impassible. Il était évident qu’elle n’accueillait pas bien la nouvelle du sang qui avait coulé sur ses mains. Il ne le lui reprochait pas. En fait, il savait même déjà qu’elle n’apprécierait guère l’information. Mais elle avait posé la question. Peut-être n’aurait-elle pas dû, finalement...? Quoi qu’il en soit, elle pouvait néanmoins voir qu’il ne comptait pas lui mentir et même si on n’aurait pas dit vu le contexte de cette découverte, ça restait une bonne chose. Il n’ajoute aucune information complémentaire. Du moins rien qu’il n’eût déjà dit et il fallait admettre que ce n’était pas grand chose, mais c’était absolument volontaire. Jouer les mystérieux, certains le faisaient pour se créer un personnage ou pour draguer. Lui le voyait comme une nécessité. C’était un bon moyen de faire un minimum peur et si effrayer Li Ren n’était pas dans ses projets, il voulait toutefois qu’elle se méfie assez pour ne pas trop prendre ses aises. C’était plus prudent ainsi... Dans un autre contexte, c’eût été différent. Ils se seraient rencontrés dans un monde où le BR n’existe pas qu’il l’aurait peut-être même abordé pour la draguer, à dire vrai. Elle était sublime, cette petite poupée chinoise.

« Tu te poses des questions. », fait doucement remarquer Hua Feng, essayant presque de suivre le cheminement de ses pensées simplement en regardant son beau regard voilé par ses doutes. « Mais tu n’as pas envie de les poser. »

C’était bien ainsi aussi. Il ne retiendrait toujours pas ses réponses et elle devait s’en douter. Elle n’était pas prête à ça. Hua Feng espérait juste qu’elle le serait avant que la mort ne frappe à sa porte. Parce qu’alors, il serait trop tard pour réellement s’intégrer dans ce jeu infâme. Le jeune homme tire sur sa cigarette. Un nouveau nuage de fumée blanche s’étiole au-dessus de sa tête. Il ne pouvait fumer n’importe où. C’était peu discret. Mais ici, ça n’alertait personne si ce n’était l’odeur de tabac froid qu’il laisserait derrière lui. La jeune femme s’interroge encore. Hua Feng acquiesce pourtant sans hésiter.

« Bien sûr. Tout le monde en est capable. Pour certains, c’est enfoui plus profondément que pour d’autres. Et certains, eux, croient que ça l’est très profondément, mais réalisent un peu trop tard que c’était à la surface et que ça n’attendait que le bon moment pour surgir... », assure Hua Feng, le visage un peu moins fermé. De quel côté se situait cette délicate jeune femme ? Et pour quelle raison se réveillerait-elle, si ça arrivait ? « Les réactions, elles, sont impossibles à prévoir. Ça ne s’explique pas. Ça se vit. »

Malheureusement, ils étaient tous poussés à le vivre à présent. Pour ce qui était de jouer le jeu, Hua Feng hausse les épaules. Il ne savait toujours pas. Étrange, non...? Il n’a toutefois pas envie d’épiloguer sur le sujet, comme elle ne veut pas trop parler de la mort et, surtout, de celle qu’elle pourrait elle-même causer. Par contre, pour son collier, Hua Feng n’a rien à lui cacher, pas ce soir.

« Bleu. », déclare-t-il sans la moindre hésitation. Il a un signe du menton pour celui de Li Ren, proposant : « Tu veux savoir ce que j’ai à dire sur la tienne ? C’est préférable de collecter plusieurs avis. Les menteurs sont fréquents ici. »

Tout avait été pensé pour les rendre complètement dingues, n’est-ce pas ? C’était le jeu de la confiance là où on ne pouvait faire confiance à personne... génial.

« Approche-toi. », fait soudainement Hua Feng, levant une main pour faire signe à la jeune femme d’approcher. « Je ne suis pas armé et je ne vais pas me lever. »

Même s’il savait bien que la simple vue de ses grandes paluches pourrait sûrement faire peur à quelqu’un possédant un cou si fin et gracile. Ça ne serait pas la première fois qu’il brisait une nuque. D’ailleurs ça semblait simple à la télévision mais ça prenait de la pratique. Morbide ? En effet... Mais ce soir, Hua Feng n’avait clairement pas prévu de tuer cette fille-là...

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   Ven 23 Juin - 19:33

Étais-tu capable ? Voilà la question que tu te posais le plus parmi les nombreuses que tu te posais, mais que tu n'avais guère envie d'évoquer de ta propre bouche comme le jeune homme l'avait remarqué. Serais-tu capable de mettre fin à la vie de quelqu'un pour sauver la tienne ? Avais-tu en toi une part noire qu'un meurtre pourrait réveiller ? Tu avais peur de ce que ce jeu morbide allait avoir comme effet sur toi. Après tout comme le chinois le disait, aucunes réactions n'étaient prévisibles. Face aux dangers, les gens pouvaient réagir différemment de ce qu'ils pensaient. Se projeter, imaginer comment une situation allait se dérouler n'était pas possible, car jamais cela se déroulera de la manière dont la personne le souhaite. C'est d'ailleurs une des raisons du pourquoi tu ne le faisais pas, en plus de la peur qui te rongeait. S'avancer ne servait à rien, tu verrais bien le moment venu où cela arrivera. Finalemen,t ton corps agira de lui-même, comme des instincts endormis que ce jeu auront réveillés. 

La question de la couleur se posa. La réponse de Hua Feng fût immédiate. Bleu. La même couleur que le chien fou avait dit pour ton collier. Mais était-ce la vérité ? Faire confiance au volontaire te paraissait impossible, lui qui n'était là que pour faire durer le plaisir des salauds qui vous avaient emmené de force ici. En tout cas, au vu de sa réponse spontanée, la possibilité de mensonge était faible. Du bout de tes doigts tu touchas le métal constituant ton collier, un deuxième avis était toujours bon à prendre. Surtout que tu ne faisais guère confiance en la première personne qui te l'avait donné. Selon ses dires, tu étais bleue, donc à supposer de la même faction que le chinois. « Ne serais-ce pas imprudent de ma part de te montrer ma nuque ? » Oui, tu avais retenu sa remarque bien que ta question n'était qu'une petite plaisanterie pour souligner ses précédentes paroles.

Tu le regardas te faire signe de la main et essayer de te rassurer qu'il ne tenterait rien. Tu te rapprochas pour venir t'asseoir sur le banc à côté de lui, non sans crainte. Après tout, même s'il ne semblait pas vouloir te faire du mal ce soir, tu ne pouvais pas ne pas te méfier surtout après son avertissement. Tu posas ton sac, juste à côté de toi, tu ne lui tournas pas le dos. De tes mains, tu manipulas ta longue crinière noire parsemée de quelques mèches bleues pour la tenir à une main. « Même si tu n'es pas armée, cela ne signifie pas que tu n'es pas capable de me faire quoique ce soit. » Tout ce comme le volontaire, il pouvait très bien d'asphyxier par strangulation. Bien que consciente du potentiel danger auquel tu pouvais t'exposer en t'asseyant à côté de lui, tu décidas tout de même de le laisser regarder ton collier et te donner ta couleur. Cependant, tu ne tournas qu'un peu ton visage à l'opposé de lui pour lui laisser la liberté de la regarder et de donner sa réponse. Cela fait, tu relâchas tes cheveux qui retombèrent le long de tes épaules et de ton dos. « Merci. » Ce n'est pas parce que vous étiez sur cette île que la politesse devait pour autant disparaître. Maintenant tu étais fixée. « Une personne bien avant toi m'avait déjà donné la couleur de mon collier, mais comme tu l'as dit les menteurs sont fréquents. Bien qu'il ne semble pas avoir menti. » Tu serais donc bleue et théoriquement cet homme ne serait alors pas un danger pour toi, puisque vous étiez tous les deux de la même faction.

Restant assise, tu avais envie de parler d'autre chose, loin des sujets en rapport avec Battle Royal. « Tu faisais quoi avant d'atterrir ici ? » Ta question était plutôt générale, ne comprenant pas forcément que le type d'étude il avait mené avant qu'on l'embarque ici. Après bien évidemment, il avait la liberté de te répondre ce qu'il désirait, tout comme toi. « Pour ma part j'étais une étudiante de sport... Plus précisément une judoka. » Un sport que tu pratiquais depuis tes sept ans. « Tu as quel âge ? Tu sembles un peu plus vieux que moi. La vingtaine ? Sinon excuse-moi de te vieillir. » En tout cas, c'est ce que tu pensais au vu de ces traits qui pour toi était plutôt mature, peut-être la vingtaine. En tout cas une chose était sûre maximum vingt-un ans. « Tu es donc chinois ? De la partie chinoise du NEC ? Ou es-tu comme moi un hybride de deux origines ? »
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   Sam 1 Juil - 6:34

Hua Feng, qui n’était menteur que lorsqu’il le fallait et qui, bien qu’excellent dans ce domaine, n’en surabusait pas non plus, acquiesce donc à la question que la jeune femme lui pose. Parce que oui, c’était indéniablement dangereux de montrer sa nuque à quelqu’un. Que ce soit parce qu’il pourrait sortir une arme blanche de derrière son dos ou parce que ses grandes mains pouvaient sans hésitation briser la nuque délicate de la métisse, ce n’était vraiment pas la peine d’essayer de lui faire croire le contraire : les risques étaient bel et bien là. Toutefois, il fallait y apporter une nuance et c’est là-dessus que le Chinois joue un peu.

« La question te vient peut-être plus facilement à l’esprit parce que je suis imposant, mais elle se pose avec tout le monde ici. Même si tu retrouvais un ami ou un membre de ta famille, le risque serait malgré tout présent. », assure le jeune homme, parce que c’était fort malheureusement le jeu qui était ainsi fait... Et qu’ils n’allaient pas le changer à deux. Toutefois... « Je ne suis pas armé. Tu peux me fouiller avant si tu veux. Et mon sac restera au sol. »

Il était sur le point de se lever, peut-être même de lever les bras pour poser ses mains derrière sa tête, histoire que la demoiselle ait tout le loisir de le fouiller, comme proposé. Mais il n’en a pas le temps. Li Ren s’approche déjà, ayant visiblement pris sa décision. Elle s’assoit sur le banc, près de lui et si dans un premier temps Hua Feng ne bouge pas, c’est pour ne pas l’effrayer inutilement. Il observe ses mains gracieuses retenir les longues mèches corbeaux sur le côté pour dégager sa nuque blanche. Le collier la traversait, impitoyable, peu esthétique pour sa part. Il ne fait d’ailleurs qu’observer le bandeau de métal un long moment avant de finalement se décider. Se penchant sur la jeune femme, Hua Feng tire un peu l’étau refermé autour du cou fin, histoire de pouvoir dégager juste assez la pastille de couleur pour y jeter un coup d’oeil. Bleu. Eh bien... le destin avait drôlement fait les choses.

« Bleu. », déclare donc sans en rajouter davantage Hua Feng, relâchant le collier et laissant la demoiselle replacer sa longue crinière. Elle n’avait pas eu tort pour ses capacités : il pouvait briser une nuque de ses deux mains. Toutefois, lui non plus n’avait pas été dans l’erreur : elle pouvait lui faire confiance. C’était une donnée précieuse mais malheureusement changeante, sur cette île. « Je n’oublierai pas que nous sommes de la même faction. »

C’était une promesse. Une promesse toute aussi précieuse que la confiance qu’on pouvait accorder à quelqu’un ici. Néanmoins, la jeune femme semble lasse de cette conversation lourde et dévie donc vers ce qui aurait dû être un sujet plus léger pour peu que Hua Feng ait vraiment quelque chose à raconter, lui qui n’avait pas vraiment réussi à refaire sa vie après les premiers jeux. Il a d’ailleurs un long moment de blanc, qu’elle trouve de bon goût de remplir de ses propres activités en dehors de cette île. Il est surpris, un peu admiratif aussi. Du judo, rien de moins ?

« Tu dois faire la fierté de tes parents. Et c’est pratique... », commence Hua Feng sans pour autant terminer sa phrase. Ce serait une mauvaise idée. Ils avaient décidé presque d’un accord tacite de ne pas aborder davantage le sujet du Battle Royale, non ? Alors il embraie plutôt sur ses propres occupations, lesquelles étaient bien moindres contrairement à une étudiante athlète ! « Du basket. Surtout du streetbasket, celui où ça se termine surtout en baston. J’avais besoin de me défouler, je suppose. »

On ne revenait vraiment pas comme avant de ce genre de « jeu ». D’autres questions suivent, lesquelles font sourire le jeune homme. Li Ren faisait vraiment son possible pour oublier, l’espace d’un instant, ce qu’ils étaient vraiment : de potentiels ennemis et ce, malgré la couleur de leur collier. Mais ça lui allait... Ça lui permettait de se détendre. D’ailleurs, ses épaules étaient déjà moins crispées alors que jusqu’à présent, il n’avait pourtant pas pu digérer le meurtre commis plus tôt en journée.

« J’ai 19 ans. Ce n’est rien. On pense souvent que je suis plus vieux. Et uniquement Chinois. L’accent parle pour moi quand je discute en coréen, crois-moi. », répond l’homme tout en levant brièvement ses yeux bleus au ciel. Vraiment, oui...! « Tu devais avoir du succès au lycée... ou à l’université ? Tu as quel âge ? Ton copain doit avoir hâte que tu rentres. »

Une façon comme une autre de lui demander si elle en avait un ! Ah, c’était tellement étrange de papoter de cette façon. Il le réaliserait encore plus lorsqu’ils se seraient séparés, probablement.

Hors Jeu:
 

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   Ven 7 Juil - 23:53

Bleu... Les chances que le volontaire t'ait menties diminuaient, surtout que ce jeune homme ne semblait pas te mentir. En tout cas dans sa voix et la rapidité de ses réponses, tu excluais la possibilité de mensonge de sa part. Tu l'excluais, mais pas totalement après tout, il fallait toujours rester sur ses gardes. Peut-être était-il un tout simplement bon menteur ? « Dois-je croire tes paroles ? En tout cas cette personne comme toi m'avait dit bleu. Finalement, il ne m'a pas menti, c'est presque étrange. » Même si vous étiez de la même faction, tu restais méfiante. Après ta rencontre avec le volontaire cette question restait légitime à poser, lui qui semblait tuer avant tous les gens de sa propre faction en plus des autres pour réguler le jeu.

Tu avais envie de changer de sujet de conversation à nouveau. Parler de quelque chose de plutôt banal comme ce que vous faisiez avant d'atterrir ici. Une question que tu répondis quelques minutes après le lui avoir posé, l'informant sans intention de l'impressionner ou quoique ce soit que tu étais une judoka. Un doux sourire sur tes lèvres se traça à ses mots. « Oui, mes parents sont très fières de moi... Même si ma mère a sans cesse peur que je me fasse mal. Hahaha... » Tu laissas échapper un bref rire alors que ton regard se fit mélancolique. Ta mère, son sourire et ses gestes maternels te manquaient. Un soupire s'échappa de tes lèvres, tu serais capable de faire n'importe quoi en ce moment-même pour ne serait-ce qu'avoir dix minutes avec ta mère pour pouvoir la serrer dans tes bras. Un doux rêve qui malheureusement n'était pas prêt de se réaliser...

Tu souris faiblement alors qu'il répondit à ta question. Du streebasket... « Si tu veux te défouler, tu aurais dû faire de la boxe. Tu dois avoir fier allure avec une balle dans les mains. » Grand comme il l'était, il devait atteindre facilement un panier de basket ce qui n'était pas ton cas. D'ailleurs, même si le sport avait toujours été ton point fort sur tout le reste, le basket faisait partie des sports dont tu n'étais définitivement pas doué. Viser ne serait-ce qu'une fois le panier te semblait impossible.

Les traits, quoique fins du jeune homme, te paraissaient plus dur pour celui d'un simple adolescent de ton âge ou plus jeune. Si tu le pensais plus vieux, sûrement vingt-et-un ans, l'âge maximum qu'un candidat pouvait avoir dans ce jeu, ce ne fût pas le cas. Dix-neuf ans... Le même nombre de bougies que tu allais souffler d'ici quelques mois. « Pour un homme, c'est mieux de faire plus vieux que plus jeune. » Au moins, on ne le prenait pas pour un gamin. « Ton accent n'est pas aussi horrible que ça je t'assure. » Puis ça lui faisait son charme, mais cela tu te le gardas pour toi. Tu n'avais guère envie qu'il pense que tu le draguais d'une certaine façon en le flattant.

Tes yeux s'arrondirent de surprise à la suite ses paroles quelques peu flatteuse d'une certaine façon. « Merci du compliment avant tout. » Si tu avais succès, cela signifiait que tu devais être un minimum jolie. C'était plutôt agréable d'entendre un compliment de ce genre de la part d'un parfait inconnu sur cette île. « Dans quelques mois, j'aurai le même âge que toi. Le douze septembre... » Un anniversaire qui ne s'annonçait pas festive comme tous les autres que tu avais pu fêter. « Sinon, je ne pense pas que mon copain doit m'attendre avec hâte, puisque je n'en ai pas. Mais mes parents et mon frère m'attendent sûrement avec impatience et inquiétude. » Du moins, tu n'en avais plus depuis quatre mois. « Et toi tu avais une petite amie ?... Ou peut-être un petit copain ? » Au sujet de l'homosexualité ou même de la bisexualité, tu étais plutôt ouverte à ce sujet. D'ailleurs ton meilleur ami était gay et comme Hua Feng, il n'avait pas spécialement le profil efféminé qu'on donnait comme cliché au gay.

« C'est plutôt agréable d'avoir une conversation quelconque avec quelqu'un. » Ce n'était pas la première conversation calme que tu avais eu avec quelqu'un, mais cela restait tout de même agréable. Ce genre de conversation t'éloignait un peu plus de la cruelle réalité. « Au vue de ton âge, tu étais à l'université aussi, non ? Tu étudiais quoi ? » S'il était ici, c'est que forcément il était étudiant, à moins qu'il existait d'autres volontaire.

« Sinon tu as des frères ou des sœurs ? » Pour toi, la réponse avait été déjà donnée, s'il t'avait bien écouté.
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   Mer 12 Juil - 12:18

Il y a un simple haussement d’épaules de la part de Hua Feng lorsque la jeune femme l’interroge. Quoi répondre à ça ? Il n’allait quand même pas lui dire « non ». Personne ne le ferait. Alors elle devait se débrouiller toute seule pour savoir si elle lui faisait confiance ou pas. Malheureusement, il n’y avait pas de solution miracle… et c’était bien la raison pour laquelle ce jeu avait été fait ainsi. Les organisateurs savaient que la confiance et, surtout, la trahison allaient toutes deux avoir un grand rôle à jouer dans le déroulement des événements sur cette île. Ils s’en régalaient sûrement… Par contre alors que la jeune femme lui assure que c’était étrange que l’autre type ne lui ait pas menti, il arque les sourcils, un peu surpris.

« Pourquoi étais-tu si sûre qu’il t’ait donné une mauvaise couleur ? », demande Hua Feng, curieux. Est-ce qu’il y avait vraiment une raison ? Si oui, il se demandait bien quoi. Si ce n’était que de la paranoïa, il pouvait comprendre Li Ren, mais ça ne faisait pas pour autant des gens qu’elle croisait des menteurs compulsifs. « Mon seul conseil c’est de demander ta couleur au plus de gens possible tout en restant néanmoins prudente. Tu vas pouvoir conclure que celle qui ressort le plus souvent est la tienne. »

Puis, la judoka lui explique combien ses parents étaient fiers d’elle avait de néanmoins tempérer en parlant de sa mère. Même si ça en prend plus que ça pour faire rire un Hua Feng taciturne et un peu froid, il a pourtant un fin sourire certes éphémère, mais sincère, alors qu’elle évoque sa mère et l’inquiétude de cette dernière.

« C’est le boulot des mères, ça. », convient Hua Feng tout en poussant un petit soupir. Il n’avait rien contre ses parents à proprement parler. Eux aussi faisaient de leur mieux. Mais leur fierté lorsqu’il était revenu du Battle Royale, l’éclat de joie dans leurs yeux lorsqu’ils racontaient à tout va que leur fils était un héros. Il n’avait rien d’un héros. Il était un meurtrier. Il n’avait pas pu endurer plus longtemps et finalement, il était parti… « La mienne aussi est du genre inquiète… »

Elle l’avait harcelé au téléphone dans un premier temps jusqu’à ce qu’il arrête de répondre. Il s’en voulait encore parfois de la façon dont il s’était conduit avec elle. Mais il avait besoin de passer à autre chose. Pas d’être avec des gens qui lui rappelaient constamment ce qu’il avait fait… Li Ren lui change ensuite un peu les idées en parlant de boxe… et ça aussi, ça le fait un peu sourire ! Comme quoi, il était moins frigide que plusieurs le prétendaient, non ?

« Mais le basket a toujours été une passion. », explique Hua Feng. Il avait simplement trouvé une façon de le rendre encore plus intéressant en intégrant un groupe de street ! Il a un petit clin d’œil pour la demoiselle quant elle suppose qu’il devait avoir du style, ballon de basket dans les mains et il assure : « Disons que je suis un peu cheaté quand vient le temps de faire des dunks. »

Avec sa grande taille. Il remercie ensuite à ce qui lui semble être des compliments tout en retenue. Ça ne faisait jamais de mal à entendre ! Il ne savait pas si c’était vrai, quant à l’âge. Probablement. On disait souvent des hommes qu’ils étaient comme du bon vin. Mais il n’accordait pas vraiment d’importance à ça, même s’il avait toujours aimé soigner son style, en confère les lentilles de couleur qu’il portait. Quant à son accent, il était bien heureux d’être compréhensible ! Il acquiesce ensuite pour les 18 printemps à présent presque révolus de Li Ren. Il ne lui aurait pas nécessairement donné moins. Il était évident qu’elle possédait une certaine maturité. Nouveau hochement de tête à propos du petit ami inexistant et des parents. Il a un moment de silence ensuite, songeur...

« Non. », commence simplement par répondre le jeune homme. Mais… il hésite avant d’ajouter : « J’ai eu l’impression de voir mon ex sur le bateau juste avant d’être poussé à l’eau. Mais… Ça devait juste être mon imagination. J’étais sous pression. »

Ça s’expliquerait… sûrement. Plus que l’immense coïncidence que représenterait la présence de Tian Lei ici, surtout sur le même bateau que lui. C’était amusant par contre que Li Ren propose qu’il ait peut-être un copain. Et rare, aussi. Elle semblait être très ouverte d’esprit, mine de rien.

« Et jamais eu de copain, non. », ajoute finalement Hua Feng, un rire bref franchissant le seuil de ses lèvres, finalement. «Mais on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. »

Comme quoi lui aussi pouvait être ouvert d’esprit. C’est surtout qu’il savait que les hommes délicats lui plaisaient bien. Il n’avait jamais eu de copain, mais ça ne voulait pas dire qu’il n’avait pas déjà goûté à ce genre de plaisir non plus. Bref, il acquiesce pour ce qui était d’avoir une conversation normale. Ça lui faisait oublier, un peu. Et ils en avaient tous besoin, ne serait-ce que pour quelques minutes. Par contre, à propos de l’université, Hua Feng a une petite grimace.

« Heu… non. Je reprenais la terminale. Longue histoire… Tu étudiais en quoi, sport mis à part ? », marmonne le jeune homme, n’ayant pas envie de mentir. Parce que pas question d’expliquer à Li Ren qu’il avait échoué sa classe de terminale à cause d’un BR précédent… Il avait bien essayé de vivre sans son diplôme mais la vérité, c’est qu’on ne voulait pas de genre non-diplômés dans le marché du travail. Alors il avait dû se rendre à l’évidence et finalement… Eh bien peut-être qu’il aurait dû travailler au black, tant qu’à ça. Quant à sa famille, il secoue négativement la tête. « Enfant unique. »

Finalement, se relevant, il a un regard par une ouverture, histoire de voir la lune. Il allait bientôt devoir rejoindre son compagnon de route.

« C’est sympa, mais si on se revoit et que je suis avec Zhao, vaut mieux pas m’approcher. », déclare finalement Hua Feng, son regard en revenant à Li Ren. Et réalisant qu’il avait parlé de lui en utilisant son nom de famille, il précise : « Le type avec qui je voyage. Il est moins pratique que moi. »

Disons ça comme ça… pour faire court.

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THE SURVIVOR


« La vérité, c’est que quelques uns étaient déjà des monstres avant de venir ici [...] Puis, il y a des gens comme moi. Des gens qui ont déjà tués avant d’être envoyé sur cette île damnée… » © FRIMELDA


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+ Deux bouteilles d'eau (1L5)
+ Une carte de l'île avec ses zones
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+ Une lampe torche (avec piles)


+ Deux élastiques à cheveux noirs
+ Un pendentif militaire où le nom de son frère y figure
+ Un porte bonheur chinois
+ Une tenue de rechange
+ Des tampons hygiéniques (13)
+ Un coupe ongle
+ Un carnet + stylo quatre couleurs
+ Une trousse de toilette (un peigne, une bouteille de shampoing, un savon, un baume pour les lèvres, 10 lingettes démaquillantes, une brosse à dent et une crème pour les mains) Format Voyage
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   Jeu 20 Juil - 18:27


« Parce qu’il s’agit du volontaire. » Lâchas-tu ignorante, sans te soucier de la possibilité que le chinois puisse le connaître. Puis si c’était vraiment le cas que pouvais-tu craindre mise à part être agressée voir même tuée ? Tu n’étais pas du genre à t’imposer des filtres et faire attention à tes paroles, tu disais toujours ce que tu disais de dire sans crainte. Tu préférais largement être franche quitte à être blessante qu’une faux-cul ou une lèche-cul. Face à son conseil, tu hochas tout simplement de la tête doucement pour acquiescer. Il avait raison, demander à plusieurs personnes étaient la seule façon de savoir réellement la couleur de ta faction.

Un doux petit rire franchit la barrière de tes lèvres. Oui, les mères étaient les femmes les plus inquiètes du monde quand il s’agissait de leurs enfants. Leurs petits bébés qu’elles ne souhaitaient pas voir grandir, ni même couper le cordon ombilical.

« Je comprends. » Tu respectais sa passion, même si pour toi en venir aux mains par la suite n’était pas nécessaire. Tu étais bien placée pour savoir le sentiment qu’on pouvait ressentir quand on pratiquait sa passion. Le judo était également pour toi plus qu’un sport. Il était une partie de toi.

Le complimenter n’était pas une manière pour toi de t’assurer d’obtenir ses bonnes grâces, d’ailleurs flatter quelqu’un pour avoir quelque chose en retour n’était pas ton genre. Tes paroles étaient sincères, tu disais ce que tu pensais tout simplement. Tu l’informas de ton âge proche du sien dans quelques mois et tu éclairas sa question en avouant que tu n’avais guère de petit-copain hâte que tu reviennes en chair et en os. Naturellement, tu lui retournas la question en ouvrant même la possibilité sur un copain. Souriante en écoutant sa réponse et son rire bref, tu affirmas ses paroles. « Oui, l’avenir est pleins de surprises. » Toi-même tu ne te fermais pas entièrement à la possibilité de peut-être tomber sous le charme d’une fille, même si seuls les hommes pour le moment ont su te faire craquer.

S’il avait dix-neuf ans, peut-être était-il à l’université comme toi, pour le savoir tu lui posas la question à laquelle il répondit négativement. Il était encore un lycéen et ne semblait pas vouloir plus en détailler, c’est pourquoi tu n’insistas pas même si la curiosité te piquait. « Hormis la pratique, le reste de mes cours tournent autour du sport, après j’ai quelques cours différents pour enrichir notre culture, afin qu’on ne soit pas considérer non plus comme des sportifs sans cervelle. » En tout cas principalement, tes études se composait de soixante-dix pour cent de pratique.

À ta question au sujet de s’il avait des frères ou des sœurs, il t’annonça qu’il était fils unique. Être enfant unique ne devait pas être facile… Être seul, jouer seul quand on rentre à la maison. Certes les enfants uniques obtenaient toute l’attention de leur parent, mais en-dehors de ça ils devaient réellement se sentir seul… Même si toi et ton grand-frère avaient eu vos moments de dispute comme de nombreux autres frère et sœur, tu étais bien heureuse qu’il soit là. Tu ne t’es jamais sentie seule et tu as toujours pu compter sur lui pour te protéger.

La suite des paroles de Hua Feng t’indiqua son départ très probable. Toi aussi tu devais bouger, tu n’avais guère envie de t’endormir en ses lieux pourtant si paisible cette nuit. Fronçant les sourcils légèrement, tu déduisais que ce Zhao n’était pas un gentil agneau. « Je prends note. » dis-tu tout simplement en essayant d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler le compagnon de voyage du chinois, ignorant totalement que ce nom appartenait à ce chien de volontaire. Te levant du banc, tu t’étiras un petit coup avant de prendre ton sac. « Je vais m’en aller aussi, je ne tiens pas spécialement à recroiser la route de quelqu’un en dormant ici. »  Pour dormir un peu, tu allais chercher un autre endroit. « Bye Hua Feng. » Un petit signe de la main et tu reculas de plusieurs pas, avant de tourner le dos et de t’en aller rapidement, disparaissant dans l’obscurité de la nuit.

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A Prayer in the Moon feat. Fan Li Ren

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